Depeche mode hiver et été.

 

Messieurs Gore, Gahan et Fletcher ont la côte, l’humanité et
même la presse (qui est une partie de l’humanité, la bougresse) célèbre avec gratitude le sacre du groupe définitif
des années 1980. Le groupe qui en enregistrant Violator en 1990 a fait le disque
derrière lequel tout le monde (y compris eux mêmes) courait depuis 10 ans et
qui, par la même occasion, a clos la décennie des adolescences infinies (les
eighties, pour ceux qu’auraient pas compris…).

Playing the
angel, nouvel album.

On l’attendait c’est sur, mais de la dire à dire qu’on en
attendait quelque chose, c’est moins sur… En fait, il n’y a pas grand chose à
en dire, en tout cas pas plus que ce qui en est dit dans tous les magazines. Du
bon DM, mais pas du grand DM. La joie de retrouver le son électro des tout
débuts. L’admiration face à un tel travail d’orfèvrerie électronique dans la
production. La surprise de constater que
David Gahan sait écrire des chansons et peut-être parmi les meilleures du disque
(nothing’s impossible). Le plaisir d’écouter des nouvelle perles de Martin Gore
(Precious). L’indulgence face à quelques morceaux (très) en dessous (damaged
people
). Au final, ce qu’on retiendra, c’est l’éternelle adolescence qui n’en
finit pas de se finir depuis 20 ans…Things get damaged, things get broken, I
thought we’d manage, but words left unspoken, left us so brittle, there were so
little left to give
…A l’écoute de ces paroles (precious), on croirait réentendre black
celebration
, ce moment où les anges comprennent qu’ils vont déchoir et devenir
des adultes. Un retour en arrière ? Pas vraiment, Les anges nostalgiques
savent aujourd’hui qu’ils n’en ont jamais été, ils jouent…

Playing the angels.

La célébration continue avec la sortie du nouvel album de
Sylvain Chauveau, down to the bone, dont le sous titre, an accoustic tribute to
depeche mode
, précise le contenu. SC réunit ici l’ensemble nocturne (quatuor a
cordes, clarinette, piano…) avec lequel il avait enregistré nocturnes
impalpables
et des plumes dans la tête, pour présenter des reprises douces et
dépouillées de titres de DM. On pourrait croire qu’étant à la fois amateur des
œuvres solitaires de Sylvain Chauveau et fan dogmatico-frénétique de depeche
mode, j’accueillerais conquis et bienveillant cette œuvre…C’est sous-estimer ma
dogmatico-frénésie ! Connaissant par cœur tous les titres et leurs 400
remixes et étant attaché à l’intégrité des saintes prophéties de Martin Gore (trop respectueux, je suis…),
c’est avec la suspicion du père découvrant son gendre que j’ai écouté la
production du soupirant. Et ce d’autant plus que SC ne s’atèle pas aux titres
les plus obscurs des anglais : presque uniquement des titres sorties en
single ou en maxi, y compris never let me down again et enjoy the silence. Je
n’oublie cependant pas la mansuétude et la modestie obligatoire que doit
afficher celui qui risque le retour de bâton… (sous entendu, les reprises de DM, ca
ne vous aura pas échapper, j’ai donné…enfin peu importe comme on dit en
français ;o). Venons en à la musique. Voilà un disque globalement bien
mené, pas franchement surprenant (mais ça n’était certainement pas le but)…Plus
(ou moins…) qu’une réorchestration, voilà une interprétation. Alors
l’ignoble chipoteur que je suis aura parfois été frustré…Notamment (désolé pour
les non initiés) dans Home, mon titre préféré sur Ultra, j’aurais bien aimé
retrouvé ce passage de suspension génial lorsque Martin Gore dévoile la
puissance de son organe vocale sous-usité : on my first breath… Sans doute
limité par sa voix, SC choisit la retenue, peut être trop présente dans
l’ensemble de ce disque. Je pourrais en rajouter, dire qu’enjoy the silence est
décidément une chanson sur laquelle il est difficile de ne pas se casser les
dents, ce serait injuste… Car en piochant de façon très équilibrée dans 7
albums (chansons de1984 à 2001), Sylvain Chauveau nous livre une lecture
réussie de l’œuvre de DM et montre une nouvelle fois que les chansons de Martin
Gore n’ont pas besoin de fioritures pour sonner dans leur pureté. Une œuvre de foi peut- être, de
dévotion sans doute.

Mention spéciale à la reprise de never let me down again, à télécharger sur le site de Sylvain Chauveau.

 

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4 Réponses to “Depeche mode hiver et été.”

  1. Je suis désolé, mais je ne peux pas laisser dire impunément que la presse fait partie de l’humanité. On lit plein de conneries sur internet, mais là, ça dépasse les bornes.
    Fallait quand même que quelqu’un réagisse.

  2. C’est marrant car il y a une quinzaine d’années c’était presque honteuse que j’allais voir Depeche Mode en concert et aujourd’hui on dirait que le groupe est enfin reconnu pour la qualité des titres qu’il proposait déjà.
    L’album de Chauveau a quand même une belle réussite, Enjoy The silence, never let me down again , quelles perles en version acoustique !

  3. On pourrait croire que J’ai la dent dure sur sylvain chauveau…En fait, si je dis qu’enjoy the silence est casse gueule, c’est pas pour dire que la version chauveau est mauvaise, c’est pour dire que je trouve qu’il a coutourné la difficulté dans cette version en en faisant avant tout un instrumental.
    Et attention, c’est pas parce que pumuckl parle de DM que ca suffit pour redorer leur blason (comprenez » pour neutraliser le mépris snobinard de certains »)

  4. Kadjagoogoo Says:

    J’ai pas accroché à l’album de DM (pas surprenant), par contre j’ai vraiment bien la reprise de « Never Let me down » de S. Chauveau ! merci pour le lien ! 😉

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