Archive pour mars, 2006

Trois fois

Posted in pumuckl écoute on mars 12, 2006 by pumucklblog

logo_live1.jpg6 Mars 2006. C’est la troisième fois que j’achète un album de Dominique A le jour de sa sortie…

Sans vraiment d’enthousiasme débordant, tout sera comme avant n’ayant jamais réussi a occuper ma platine de façon vraiment assidue… Avant même toute écoute, une chose est sure: ca valait le coup de quitter Labels, car ca fait bien longtemps (depuis Remué…) que le sieur A n’avait pas signé un album avec une jolie pochette ( le précédent remportant la palme de la pochette ascétique protestante pas belle…). N’y allons pas par plus d’un seul chemin, Maitre A prouve en 11 morceaux qu’il n’a pas perdu l’envie et qu’il reste seul au dessus du troupeau…L’Horizon est le disque qu’on espérait plus vraiment…Il se démarque de son prédecesseur par une cohérence et une homogénéité a tous les niveaux. Cohérence dans les textes qui, sans virer "concept", s’appuient tous sur des champs lexicaux communs et souvent présents dans les précedents disques: l’eau, le lieu…Cohérence dans les orchestrations construites autour des musiciens fidèles ( Olivier Mellano, Sacha Toorop) et de la formation "jazz" (appréciez le poids de guillemets) qui l’avait accompagné de facon magistrale pour la précédente tournée… Cohérence dans la production enfin, Dominique Brusson aux manettes a réussi, comme il l’avait fait sur Remué, à donner un pate à ce disque, un son identifiable et personnel…la cohérence ne suffit pas à faire un bon disque, Maitre A le sait bien… Il nous offre donc des compositions et des textes, comme a l’habitude, irréprochables…Notre faussaire qui, dans l’exploration de sa mémoire neuve, confiait aimer tout ceux qui voulait se faire aimer, a pris 10 ans dans la face: il est aujourd’hui notre pleureuse, le "plombeur de ses dames", le "consolateur" qui n’a pas tout perdu du "larbin" mais qui sait coller des torgniolles en passant ( car c’est avec un plaisir ostensible que notre pleureuse officie "dans l’arène gauloise, où le pathos agace, ceux qui craignent de voir, leur propre peine en face"…). Et puis, je ne sais pas comment vous dire que la rue des Marais est une chanson gigantesque…Il neige ce matin, la pierre embourgoisée, accueille sourcils froncées, la belle intruse blanche, qui me fait m’étaler, je pleure comme un dimanche, plus tard j’écrirai tout, quand je saurai viser, viser rue des Marais, la télé allumée, la vie qui démarrait … Des chansons biographiques, j’en ai entendu des tonnes…rarement avec une telle intensité. Dans ce jeu d’équilibriste délicat qui consiste a plonger dans le pathos sans heurter la vulgarité, Dominique A est bouleversant car il plonge profond sans jamais laisser entrevoir une seule seconde la possibilité de croiser la sorcière repoussante…Ce n’est, tout compte fait, pas une question d’équilibre, c’est une question de mot juste…

6 Mars 2006. C’est la troisième fois que j’achète un album de Mogwai le jour de sa sortie… Mr Beast est, pour une fois, lancé a gros renfort promotionnel. Promotion qui a le don de m’énerver car elle "Bourdieuse" assez vigoureusement: les articles de presse disent a peu près tous la même chose: ce disque est génial mais, bon, il ne risque pas de vendre beaucoup…Le comble du snobinard…Merci O grand journaliste, d’éduquer la plèbe de ta lumière esthétique…Ceci dit, les pti gars de mogwai n’y sont pas pour grand chose si les chroniqueurs de Libération aiment bien leur disque… Passons… Mogwai donc continue de surfer sur son image d’intransigeance et de groupe pionnier du post-rock pour récolter les dythirambes…et honnêtement, je ne comprends pas trop les chroniques que j’ai pu lire a propos de ce mogwai…On nous annonçait un renouvellement et Mr beast est un disque de Mogwai, identifiable, sans grande surprise… On nous annoncait un disque planant (Libération…) et Mr beast est sans aucun doute le disque le plus violent et le plus métal de mogwai… Bref, laissons Mogwai être un bon groupe, épargnons leur le statut de référence…
A noter, l’album est accompagné d’un DVD documentaire sur l’enregistrement du disque et, chose exceptionnelle, ces 40 minutes ne sont pas qu’un objet promo pour dire "mogwai, c’est génial"… Le film donne vraiment a comprendre le processus de création et la spécificité du travail de studio…Pour peu qu’on dispose d’un bagage technique, on percoit vraiment bien comment les morceaux de mogwai évoluent et se construisent…Tous les artisans de home studio devraient regarder ce DVD: c’est truffé de plans-débrouille, de petits détails techniques … Et puis, il faut dire que c’est assez épatant de voir un groupe dire dans le DVD qui accompagne un disque que le disque en question n’est pas leur meilleur…

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