Réminiscence

gregor_samsa.jpgJ’ai pour la première fois entendu parler de Gregor Samsa, à
l’époque de la sortie de leur  EP 27:36, en parcourant le Webzine ADA… Disque
de l’année pour les internautes fidèles de mon site adoré, cela avait suffit à
me mettre le scarabée dans le tympan. Malheureusement, le marché français est
ainsi fait que je n’ai jamais réussi a mettre la mimine sur le disque convoité
et ai du me contenter du bel extrait qui figurait sur le volume 3 des compilations
du webzine susnommé. Je me suis donc empressé d’acquérir le premier long format
des américains, 55:12, sorti il y a quelques semaines maintenant.  

55:12 est un album de 8 plages pour un peu plus d’une
cinquantaine de minutes. Formellement, il serait audacieux, voire « pétouilleur »
( euphémisme de « péteux ») de ne pas parler de « post-rock » à
propos de ce disque tant 55 :12 puise dans les conventions du genre…De
magnifiques guitares éthérées, une section de cordes tout en nappe, un duo de
voix haut perchées, une section basse-batterie discrète mais sachant succomber à
la martialité par moment, le tout lié par un océan de reverb et de délais…
Grégor Samsa évoque a tout moment Godspeed ou a silver mount zion pour le
rapport entre les guitares et les nappes de cordes, L’altra pour le mélange
raffiné des voix féminine et masculine, sigur ros pour les envolées soutenues
par une batterie appuyée… En d’autres termes, 55 :12 ne bouleverse pas les
conventions. Pour ainsi dire, il ne surprend jamais. Pourtant ce disque est
impressionnant. On s’engouffre dans ce paysage avec confiance, en terrain connu.
Mais on y découvre un panorama plus impressionnant que jamais, un ciel plus
dégagé… Pour être plus terre a terre, tout y est, les apesanteurs planantes,
les moments de tensions, les explosions de violence…tout ce qui a fait que j’ai
aimé compulsivement le post rock est synthétisé dans ce disque avec une
cohérence qui ne m’est jamais apparu aussi limpide. 55:12 prouve que les
conventions post-machin-chose sont aujourd’hui sédimentées et qu’il s’agit
aujourd’hui non d’innover mais d’exceller au sein de contraintes formelles lentement
construites. C’est un peu le début de la fin en quelque sorte…Les Gregor Samsa
ne sont pas des génies. Ce sont de respectueux mais excellents élèves. Qui offrent
l’album dont les fans de Godspeed et ASMZ rêvaient il y a trois ans. Enorme.  Pour s’en convaincre, penchez vous sur le
morceau young and old, parmi mes préférés, téléchargeable ici.

Dans un tout autre style, et plus spécialement pour les
blog-artiens qui manifestent leur passion pour Sleeper et compagnie, signalons
la réédition de tous les CD du groupe américain Will Haven et en particulier de
WHVN, dernier album en date, sorti en 2001, je crois. Je parlais de contraintes
formelles juste au dessus…et bien la, pas de chichi c’est du hardcore comme on
en fait que de l’autre coté de l’océan. Du lourd, du décomplexé, du sombre.
Quand la colère devient belle et physique. Enorme aussi.

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