non, rien de rien…

Tiens…il y a bientôt deux ans, j’écrivais ça… Je découvrais avec une ferveur toute adolescente l’album de Robert Post, un album qu’on aime juste mettre à fond sur son poste pour chanter comme un con par-dessus. Aujourd’hui je réécrirais assurément exactement la même chose (alors si il n’y a que les imbéciles qui ne change pas d’avis, ma stagnation mentale permet de caractériser la faiblesse de mon esprit…). Au mot près. Pourtant, mon petit billet contient deux grosses conneries. La première (qui, si on s’en tient au sens premier de mes propos de l’époque, aurait du me couter mes parties génitales), c’est que Robert Post n’est pas devenu une star. Preuve que le marché du disque marche sur sa tête, le garçon n’a en France tout du moins, pas franchi la frontière de la confidentialité. C’est un beau paquet de pognon facile que les majors n’ont pas su attraper. Tanpis pour elles et tanpis pour nous.

En fait, si je dis tout ça, c’est surtout pour vous parler de ma deuxième connerie. J’anticipais à l’époque que mon attachement naïf pour ce disque popouillard allait susciter quelques temps plus tard un certain amusement… J’avais l’impression de me faire avoir comme une jouvencelle. Et bien à la revoyure, non. Je crois que, ce qui me plaisais par-dessus tout dans ce disque, c’est le fait que quelqu’un arrive avec un disque calibré pour exploser le tiroir caisse mais avec un disque bien fait, bien composé, bien enregistré. Pas la volonté d’innover, seulement l’envie de jouer une musique accessible mais travaillée et cultivée. En d’autres termes, le souci de respecter son public.

51sX2b3M24L._SS500_.jpgVous vous demandez peut être ou je veux en venir. Eh bien, je veux vous parler d’un disque… mais je crois que, pour ne pas déclencher les foudres du mépris envers ma personne, il fallait que j’en passe par cette élégante digression…Je viens vous parler d’un album qui squatte ma platine… Un album de Silverchair…Alors la, j’entends les moqueries de ceux qui se souviennent avec dérision avoir écouté les albums du trio australien à l’époque où, tout jeunes, ces beaux gosses jouaient les dépressifs singeant nirvana, cassant des guitares à cinq briques sur lesquelles ils jouaient trois accords… A ceux qui me rappelleront ainsi les épisodes douteux de ma prime jeunesse, je leur dirais de jeter une oreille neuve et bienveillante sur young modern, le nouvel album de Daniel John et sa bande (et sur le précédent, diorama, tout aussi percutant). Certes, ce disque fleure l’opportunisme à plein nez, certes, il fricote parfois avec l’excès (dans le chant notamment…). Bref, certes, c’est un disque FM.  Mais, encore plus que le Robert Post, c’est une leçon de musique à tous les points de vue. Du point de vue la production, Nick Launay montre qu’il est bien plus à l’aise avec silverchair (dont il a produit les 5 albums) que sur le dernier Arcade Fire. C’est juste beau, les guitares sont magnifiques, l’orchestre symphonique est convoqué avec sobriété (pas de grosse nappe baveuse, des touches discrètes mais qui changent tout…), et il y a toujours des petites idées qui viennent dynamiser le mix sans jouer la sophistication gratuite. Techniquement, les petits gars sont vraiment très forts, de plus en plus (notamment, Daniel John chante vraiment remarquablement, même s’il abuse parfois de gimmicks un peu caricaturale). Enfin et surtout, les chansons sont toutes évidentes dans la composition, il n’y a que des tubes pop sur-efficaces qui dévoilent à la fois une aisance presque insolente dans l’écriture et une culture musicale (très 70’s pour le coup) plus que digérée, totalement appropriée au service d’un songwriting personnel. Daniel John peut bien être aussi inbuvable et prétentieux qu’il le souhaite tant qu’il fera des disques de ce calibre. Enorme.

Bon, pour me réconcilier avec les gens branchés, je dirais quand-même que le nouveau Interpol, Our love to admire, est vraiment un beau disque également. Contrairement à silverchair, interpol sacrifie de son efficacité immédiate pour un musique plus introspective et plus retenue. C’est une belle évolution.

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